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Entreprises : quels changements avec la loi de finances 2025 ?

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Ça y est, la loi de finances 2025 est officiellement adoptée ! Chaque année, ce texte suscite de nombreuses attentes et interrogations chez les entrepreneurs, mais tout particulièrement cette fois-ci. Entre soulagements et inquiétudes, il me semble essentiel de revenir sur les nouvelles mesures qui vont impacter les entreprises dès cette année.

Dans cet article, je vous présente donc les principales nouveautés fiscales introduites par la loi de finances 2025, avec leurs implications pratiques et concrètes.

L’indexation du barème de l’impôt sur le revenu

Cette année, le gouvernement a décidé d’indexer le barème de l’impôt sur le revenu sur l’inflation, avec une revalorisation de 1,8 %. Et cette mesure impacte directement les dirigeants et salariés d’entreprises soumis à ce régime.

Les nouvelles tranches d’imposition sont désormais organisées comme suit :

  • 0 % jusqu’à 11 497 euros ;
  • 11 % de 11 498 à 29 315 euros ;
  • 30 % de 29 316 à 83 823 euros ;
  • 41 % de 83 824 à 180 294 euros ;
  • 45 % au-delà de 180 294 euros.

Une contribution différentielle sur les hauts revenus s’applique aussi aux personnes qui gagnent plus de 250 000 euros par an (pour les célibataires) ou 500 000 euros (pour les couples), avec un taux d’imposition minimal fixé à 20 %. En bref, si vous êtes concerné, votre contribution fiscale ne pourra pas être inférieure à ce seuil, quel que soit votre régime fiscal initial.

CVAE : une contribution complémentaire exceptionnelle

La Contribution sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE) devait initialement disparaître dès 2027, mais sa suppression est reportée à 2030. En compensation, une baisse progressive des taux d’imposition est prévue dès cette année. Pour les entreprises qui dépassent 50 millions d’euros de chiffre d’affaires, le taux sera par exemple de 0,19 % en 2025, 0,28 % en 2026 et 2027, 0,19 % en 2028 et 0,09 % en 2029.

Attention toutefois à la nouvelle contribution complémentaire exceptionnelle de 2025, qui correspond à 47,4 % du montant de la CVAE à verser le 15 septembre 2025.

Le nouveau seuil de franchise de TVA

La franchise en base de la TVA pourrait être modifiée avec l’instauration d’un seuil unique de 25 000 euros de chiffre d’affaires annuel maximum, tant pour les ventes de marchandises que pour les prestations de services.

Pour rappel, ces seuils sont actuellement de :

  • 85 000 euros pour les marchandises ;
  • 37 500 euros pour les prestations de services.

Néanmoins, je ne vais sans doute pas vous l’apprendre, cette mesure fait débat, notamment parce qu’elle risque d’impacter de nombreux micro-entrepreneurs. À l’heure actuelle, cette partie du texte de la loi de finances 2025 est suspendue dans l’attente des conclusions d’une commission mixte.

La FNAE (Fédération nationale des auto-entrepreneurs) a été reçue à Bercy en vue des discussions sur le dossier.

Crédit d’impôt recherche et innovation : des changements significatifs

Le crédit d’impôt recherche (CIR) et le crédit d’impôt innovation (CII) évoluent eux aussi. Certaines dépenses auparavant éligibles au CIR ne le sont ainsi plus, en particulier celles qui sont liées aux brevets et à la veille technologique. De même, les dépenses de fonctionnement ne seront plus prises en compte qu’à 40 %, contre 43 % précédemment.

Le CII, quant à lui, est prolongé de 3 ans, mais avec un taux réduit à 20 % au lieu des 30 % habituels. Inutile de dire que si vous dirigez une PME innovante ou une startup, cette mesure réduit directement vos avantages fiscaux. Je ne peux que vous conseiller d’adapter dès maintenant vos prévisions budgétaires.

Entre maintien et modification des dispositifs zonés

Contre toute attente, la loi de finances 2025 prolonge certains dispositifs territoriaux bénéfiques pour les entreprises implantées dans des zones spécifiques. Il s’agit notamment :

  • des bassins d’emplois à redynamiser (BER) ;
  • des zones franches urbaines, territoires entrepreneurs (ZFU-TE) ;
  • des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV).

De plus, les Zones de revitalisation rurales (ZRR) intègrent désormais le zonage de « France ruralités revitalisation » (FRR).

Si vous ne le saviez pas déjà, notez que ces dispositifs vous offrent de potentielles exonérations et réductions fiscales non négligeables si votre entreprise est située dans l’une de ces zones.

La taxation renforcée des très grandes entreprises

La loi de finances 2025 introduit aussi deux nouvelles taxes qui visent exclusivement les très grandes entreprises françaises, celles qui réalisent plus d’un milliard d’euros de chiffre d’affaires annuel :

  • la contribution exceptionnelle sur les bénéfices (CEBGE) ;
  • la taxe spécifique sur les rachats et annulations d’actions.

Évidemment, ces taxes ne concernent qu’une minorité d’entreprises, mais elles représentent une évolution notable du cadre fiscal français, avec une volonté clairement affichée de redistribution fiscale envers les petites et moyennes entreprises.

Locations meublées : un avantage fiscal supprimé

Le régime des loueurs en meublé non professionnels (LMNP) subit lui aussi un changement majeur, puisque jusqu’ici, les amortissements pouvaient être déduits des revenus sans affecter le calcul des plus-values en cas de revente. Hélas, ces amortissements seront dorénavant intégrés au calcul de la plus-value, ce qui impacte directement l’imposition lors d’une cession.

Les nouveaux plafonds en vigueur dès 2025 sont les suivants :

  • un CA annuel maximum de 77 700 euros avec un abattement de 50 % pour les meublés de tourisme classés ;
  • un CA annuel maximum de 15 000 euros avec un abattement de 30 % pour les meublés non classés.

Cette suppression pourrait fortement augmenter vos impôts si vous êtes propriétaire d’un meublé, donc pensez à anticiper cette évolution.

La suppression des réductions d’impôt liée aux CGA/OGA

Dernière mesure de cette liste, et non des moindres, la loi de finances 2025 met également fin à la réduction d’impôt accordée jusqu’ici aux entrepreneurs qui adhéraient à un centre de gestion agréé (CGA) ou à un organisme de gestion agréé (OGA). Et ce n’est pas négligeable, puisque cette réduction pouvait atteindre jusqu’à 915 euros par an, ce qui permettait à de nombreuses petites entreprises de couvrir une partie de leurs frais de comptabilité.

Si vous bénéficiiez de cette réduction, je vous conseille de prévoir une augmentation significative de vos coûts de gestion dès cette année.

 

Bon, vous l’aurez compris, la loi de finances 2025 apporte son lot de nouveautés, bonnes ou mauvaises, selon votre profil. Si je devais vous donner un conseil, ce serait sans doute de consulter votre comptable ou interlocuteur habituel au plus vite pour adapter votre gestion aux changements introduits par cette nouvelle réglementation.

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Alexandre MARTIN
J'aime me présenter comme un 🛠️ Swiss Army Man 🛠️ du web, m'intéressant aussi bien au marketing digital, qu'à la rédaction, au storytelling, au développement web, au design ou encore à l'expérience utilisateur (UX). Après plus de 10ans en tant que responsable marketing digital du groupe Legal2digital, les formalités des entrepreneurs n'ont plus aucun secret pour moi ! Comptez sur moi pour tout vous dévoiler de leur vie secrète 😉 ! Retrouvez-moi sur Linkedin

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